Exemples de restauration

Doublage d’un papier

Lorsque les papiers sont déchirés ou trop fragiles il est possible de les doubler avec un autre papier.

Cette encre de chine  représentant une bataille avait été faite sur un papier très fin qui avec le temps s’est déchiré et est devenu très fragile, presque intouchable. Pour le consolider, il a été doublé avec un papier japonais ; au préalable, les scotch qui avaient été posés au revers ont été retirés, des pièces incrustées  ont été faites avec un papier similaire  pour remplacer les lacunes. Des retouches ont été exécutées avec des aquarelles sur ces pièces pour les réintégrer au reste de l’œuvre.

Envers d'une encre de chine.

Le papier a été doublé avec un papier japonais et les lacunes sont comblées.

Le papier a des manques et on voit bien les scotch placés sur les déchirures. Le papier a retrouvé sa planéité et les lacunes sont presque invisibles.

Tableau vierge et enfant très écaillé

Ce tableau avait déjà été restauré mais mal conservé sans doute dans un endroit très humide. La couche picturale ne tenait plus du tout au support toile: les écailles tombées étaient très nombreuses.

Il a d’abord été pratiqué à un refixage général à la cire-résine de la couche picturale avant le nettoyage puis le rentoilage à la cire-résine et les nombreuses retouches.

Détails des nombreux soulèvements d'écailles et manques.

Il n’y a plus du tout d’adhérence entre la couche picturale et le support toile.

Masticage des lacunes.

Après le refixage, le nettoyage et le rentoilage.

Réintégration de la couche picturale.

Les retouches faites sont illusionnistes.

Réentoilage d’un portrait du 18 eme

Ce portrait d’homme barbu présentait d’importantes dégradations , il était très écaillé, la toile très déformée et le châssis d’origine vermoulu.

Le tableau avait été anciennement restauré mais le rentoilage ne tenait plus du tout, la couche picturale avait beaucoup de lacunes, des enduits rouges débordants avaient été faits sans doute au moment de ce rentoilage .

Il a été procédé au nettoyage de ce tableau et à un allègement du vernis; en cours de nettoyage, la signature en haut à droite a été redécouverte: Labatie 1776. Le rentoilage a été enlevé à sec, les deux toiles se détachaient facilement l’une de l’autre. Après un cartonnage au papier bulle et à la colle de pâte, le revers de la toile a pu être nettoyé: toute la vieille colle du  rentoilage a été grattée soigneusement; après une remise à plat de la toile par  humidification et repassage , un refixage général a été effectué à la cire-résine et ensuite un réentoilage toujours à la cire-résine. La toile a ensuite été remontée sur un châssis à clés neuf. Les mastics très nombreux ont été faits et pour leur meilleure intégration au reste de la matière très craquelée ils ont été sculptés au scalpel et spatule. Les repeints ont été faits une fois une couche de vernis à retoucher passée sur toute la surface picturale.Pour terminer plusieurs couches de vernis ont été appliquées grâce à un pistolet à vernir.

Portrait signé Labatie 1776

Détail du visage

Le tableau est très déformé, il y a beaucoup d’écailles tombées

portrait rentoilé et mastiqué

Détail du visage: lacunes mastiquées

Le tableau a retrouvé sa planéité et les mastics sculptés comblent les lacunes

portrait restauré et reverni

Détail des repeints du visage

Les repeints redonnent toute l’expression au visage et sa lisibilité

Restaurations visibles aux UV

Détail des repeints aux UV

L’examen à la lumière UV permet de vérifier que les repeints apparaissant en noir ne sont pas débordants, les restes du vernis original donnent une teinte verdâtre

Nettoyage portrait de Renoir

Cette petite étude de Renoir d’un  portrait d’une fillette de profil était très sale et des coulées jaunes de vernis dans le bas étaient très gênantes.

Il a été effectué un décrassage et un allègement de vernis.

Le tableau a ensuite été reverni.

Le tableau rentoilé est très sale Après dévernissage, un nouveau vernis a été appliqué

Autoportrait de Jean Paul Laurens

Cet autoportrait de Jean Paul Laurens datant  de la fin de sa vie avait déjà été restauré. Malheureusement, le rentoilage a mal vieilli: la toile du tableau s’est rétractée et cela a entrainé un soulèvement de la couche picturale et à un écaillage.

Pour remédier à ces  importantes dégradations , après un cartonnage, le rentoilage a été enlevé à sec, la colle retirée par grattage à sec  et après une remise à plat de la couche picturale et son refixage à la cire résine, un réentoilage a été effectué. Les anciennes restaurations qui avaient viré de couleur ont été enlevées et refaites .

Jean Paul Laurens: autoportrait.

Autoportrait restauré.

La toile est déformée, la couche picturale soulevée et écaillée. Planéité retrouvée.

Restauration importante d’une huile sur toile du 19 e

La restauration a commencé  par un cartonnage à la colle de pâte puis à un refixage de la couche picturale à la cire résine par le revers et à un rentoilage à la cire-résine également. Il a été ensuite procédé au nettoyage, au masticage des lacunes et pour terminer à la réintégration de la couche picturale.

Le tableau du 19 siècle est très ressemblant au tableau de Rosa Bonheur  » Foire aux chevaux » qui est au Metropolitan Museum  of Art de New York. Pour réaliser la retouche des lacunes  j’ai utilisé une reproduction de l’original, ce qui m’as permis de ne pas être obligée d’inventer des détails.

Restauration d’une huile sur papier déchirée

Ce tableau, huile sur papier de 1m par 1m représentant une scène de chasse allégorique, signé Dufresne, a subi un gros accident: suite à une chute il s’est retrouvé très déchiré. Le papier était dès l’origine entoilé, les déchirures n’ont pas crée de décollement entre toile et papier seulement d’énormes déformations de l’ensemble. Comme ce montage paraissait encore très solide et efficace, j’ai préféré essayer de faire des mises à plat et recollage des déchirures sans procéder au désentoilage: le papier étant très solidaire de la toile je craignais de l’endommager en le désentoilant.

Il a fallu démonter le tableau du châssis, et à force de repassage et de mise sous presse les bords des déchirures sont redevenus jointifs et plats.  Il a été ensuite procédé au collage de ces bords, par le dos d’abord et ensuite par la face. Après remontage sur le châssis, le masticage des lacunes et leur réintégration a redonné sa lisibilité au tableau.

Huile sur papier, scène de Dufresne.

Après restauration.

Détail des déchirures.

Détail de la restauration.

Déchirures recollées et lacunes mastiquées.

Le papier avait été par endroit retourné et cassé, la couche picturale manquait par endroits. Les mastics ont comblé tous les manques de matière.

Restauration d’un paysage orientaliste

Ce tableau orientaliste du 19 eme siècle avait été très violemment déchiré et a été ensuite très mal conservé. Les déchirures étaient devenues très ouvertes et le tableau très sale.

Après le nettoyage du tableau et son démontage du châssis, un repassage avec apport d’humidité et un cartonnage à la colle de pâte ont permis une remise à plat et un rapprochement des bords des déchirures. Il a été procédé ensuite  à un rentoilage pour conserver cette planéité. Les repeints ont redonné la lisibilité à ce paysage.

Paysage orientaliste très déchiré.

Orientaliste rentoilé et retouché.

Les déchirures très ouvertes dataient de longtemps. Après le rentoilage, il manquait peu de peinture.

Restauration d’un tableau de Goetz

Ce tableau ovale de Goetz avait été très mal conservé: il n’avait pas de châssis et il avait été roulé. La toile était donc très déformée, la couche picturale était cassée et présentait des écaillages et des lacunes.

La restauration a commencé par un refixage des écailles par la face. Un cartonnage a été réalisé pour permettre  une remise à plat de la toile et un refixage général de la couche picturale. Des bandes de tension en toile  ont été collées sur tout le pourtour au revers et la toile a été montée sur un châssis. Pour terminer, des mastics ont comblé les lacunes de peinture et des repeints ont réintégré ces lacunes. Un vernis final a été appliqué sur toute l’oeuvre.

Tableau sans bord et écaillé.

Remonté sur châssis et restauré.

La toile est déformée, la peinture écaillée et très sale. Le nettoyage, les retouches et le vernis ont redonné son éclat au tableau.

Restauration d’un tableau sur Marie Madeleine

Ce tableau du dix septième siècle, déjà restauré, représentant Marie Madeleine était très sale et il avait de nombreux manques.

Il a été nettoyé, déverni et les anciens repeints devenus faux ont été retirés. Il a ensuite été rentoilé à la cire-résine.

Huile sur toile dix septième siècle.

Lacunes comblées au mastic.

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Marie Madeleine restaurée.

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Le tableau n’est plus lisible, des écailles sont tombées ou sont soulevées. Les anciennes restaurations retirées montrent plus de lacunes. La réintégration des manques rend toute la lisibilité au tableau.